La déclaration de politique générale du Gouvernement pose question. A quel centre se vouer ?
C'est par 321 voix pour (224 contre) à l'Assemblée nationale et 195 pour (125 contre) au Sénat que la déclaration de politique générale du Gouvernement prononcée par le Premier ministre, François Fillon, était adoptée les 3 et 4 juillet derniers.
Quelles ont été les positions adoptées par les représentants centristes au Parlement ?
Pour ne fâcher personne, je commencerai par le Nouveau centre ! En l'absence de groupe constitué pour le MoDem, le Nouveau centre, présidé par François Sauvadet, est composé de 20 députés (le minimum requis). Sans surprise, ce groupe s'est inscrit comme "le partenaire actif de la majorité présidentielle...pour assurer la réussite du quinquennat". Reste à savoir si ce groupe représente les électeurs qui ont soutenu François Bayrou à la présidentielle et voté pour le MoDem au législatives.
A ce titre, et très brièvement car ne bénificiant pas du temps de parole donné aux groupes politiques, François Bayrou a pu donner son explication de vote en rappelant que "si le mode de scrutin avait été proportionnel, le nombre de voix que nous avons recueilli au premier tour des législatives nous aurait donné soixante et un députés au lieu de quatre". S'il a apprécié la reprise de l'idée par le Gouvernement d'un small business act à la française et l'esquisse d'un meilleur équilibre électoral au Parlement, il a déclaré que l'addition de toutes les dépenses liées à ce "catalogue de promesses" était "incompatible avec la maîtrise du déficit budgétaire et le retour à l'équilibre de nos comptes publics". En conséquence, il a annoncé qu'ils (les élus MoDem) s'abstiendraient (lire l'explication de vote).
Comme l'Assemblée, le Sénat vote les lois. C'est pourquoi, il n'est pas inutile de rappeler qu'il existe un groupe centriste au Sénat, composé de 31 membres, qui reste fidèle à ses valeurs et qui a réaffirmé son autonomie. Présidé par Michel Mercier, le groupe UC-UDF du Sénat a adopté un "positionnement confiant et vigilant" face au Gouvernement. En ces temps difficile pour le centre, il reste donc un ilôt de stabilité et de sérénité. Ainsi, il faut également rappeler que la présidence de la très importante commission des finances du Sénat est exercée par Jean Arthuis, ancien ministre et membre de l'UDF. Il a ainsi rappelé que les suffrages obtenus par François Bayrou "témoignaient d'une attente et de la vitalité de la famille politique centriste". Le groupe UC-UDF n'a donc pas éclaté, et au contraire, appelle ceux qui se retrouvent "dans les valeurs de l'UDF" de le rejoindre.
Si Michel Mercier a indiqué que le groupe centriste du Sénat donnerait son approbation à la déclaration de politique générale du Gouvernement, les fidèles de François Bayrou auront apprécié sa déclaration tendant à affirmer l'"autonomie" du groupe UDF au Sénat qui ne se situe "pas dans la majorité présidentielle".
La vie du centrisme est donc loin d'être éteinte. Comme vous le voyez, elle conserve des tribunes nationales. C'est pourquoi, cette vitalité devrait se concrétiser l'année prochaine, lors des scrutins locaux où les valeurs de proximité et de dialogue du mouvement centriste feront la force des futurs candidats.
Mais sur ce point, c'est à vous de réagir, de commenter l'actualité et d'enrichir le débat génovéfain ! A quel centre vous vouez-vous ? (appréciez l'allitération !)